Et si on pensait aux garçons..

Les vacances achèvent et j'avais envie d'écrire sur un sujet qui me tient à coeur. Libre à vous d'être en accord ou pas!

 

J’ai toujours dit à mes élèves, ainsi qu’à mes proches, que de prendre du temps pour soi (ou encore des vacances) était tout à fait bénéfique pour la santé (mentale et physique). Au fil des années, je me suis même rendue compte que c’était au cours de ces pauses que mon cerveau devenait le plus créatif. « Tu es en vacances, me disent plusieurs. Comment se fait-il que tu continues à avoir des idées de projets? ». Prendre du temps pour ne rien faire, laisse beaucoup de place à l’émergence d’idées. Ainsi, lorsque je fais le vide de l’année scolaire vécue et que je prends du temps seule, en famille ou avec des amis, plusieurs idées géniales se forment alors dans mon esprit. Ce sont souvent de « grandes idées » comme je les appelle. Habituellement, ce n’est pas l’idée d’un nouvel exerciseur ou d’une nouvelle activité qui se pointe, mais plutôt une idée à caractère pédagogique. C’est d’ailleurs, la plupart du temps, une pensée qui m’obligera à modifier complètement (ou presque) ma façon d’enseigner.

 

À la fin des classes, alors que je n’arrive pas à décrocher complètement, je me permets de lire un ouvrage à nature pédagogique. L’an dernier, j’avais lu «l’enseignement réciproque » ainsi que d’autres documents en lien avec la lecture en classe. Cette année, j’ai plutôt choisi un livre d’Égide Royer (psychologue et professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval) qui s’intitule : Leçons d’éléphants. Pour la réussite des garçons à l’école. Je l’ai tout simplement dé-vo-ré! Je le relirai d’ailleurs en septembre. Cet ouvrage fait référence, comme son titre l’indique, aux nombreuses difficultés que vivent les garçons à l’école. Je dois avouer que j’étais au courant de cette situation et que je tentais déjà, au quotidien dans ma classe, d’y remédier. (Merci d’ailleurs à mon collègue Éric Tremblay d’être un modèle et un guide pour moi à cet égard.) Toutefois, cette lecture m’a fait réfléchir et a laissé place à bien des discussions avec des gens de mon entourage, principalement des hommes, qui ont connu des difficultés d’adaptation au cours de leur parcours scolaire.

 

Les prochaines lignes risquent d’ébranler certaines personnes… Sachez que personne n’est particulièrement visé (qui suis-je pour juger?) mais que je m’adresse plutôt au système d’éducation inadéquat dans lequel nous baignons. Personne n’est visé, mais tout le monde l’est en même temps, moi y compris. Vous êtes-vous déjà demandé si votre classe, vos travaux et vos projets étaient réellement adaptés aux besoins des garçons? Nous avons souvent tendance à décider nous-mêmes des projets et des sujets de ces derniers, avant même de connaître l’identité des garçons qui entreront entre nos murs de classe. Combien de livres de votre bibliothèque de classe s’adressent particulièrement aux garçons? Que faites-vous lorsque vous vous rendez compte que des garçons trainent de la patte en lecture? Nous savons tous qu’un retard en lecture mène à plusieurs catastrophes pédagogiques… Combien de minutes par jour permettez-vous à vos garçons de bouger? Combien de « coins/ateliers » mettez-vous en place entre vos murs de classe qui s’adressent particulièrement aux garçons? Que fait votre école, votre direction lorsqu’un garçon dérape? Suspension? Interne ou externe? Trop souvent, les suspensions ne sont pas éducatives et ne visent pas le travail d’habiletés sociales. À quel point votre établissement scolaire met-il l’accent sur la prévention? Bien souvent, répondre à ces questions permet de comprendre pourquoi ça va mal dans certaines classes, avec certains élèves. C’est exactement ce que m’a fait comprendre la lecture du livre d’Égide Royer.

 

Ou est le lien avec les idées qui émergent en vacances? Après avoir lu ce livre, je suis partie en voyage… la tête vide. Un matin, une évidence est apparue : je pense beaucoup à mes garçons lorsque j’enseigne et je crois que je m’en sors plutôt bien. Par contre, je pourrais faire plus encore. J’aimerais axer davantage sur les intérêts de mes garçons (et de mes filles aussi) pour enseigner par projets. Ainsi, il serait possible que certains travaillent à démonter des appareils électroniques pour préparer un exposé oral, alors que d’autres seraient en train de créer une maquette et travailleraient plutôt sur l’aire et le périmètre. Il y aurait ainsi des moments de la semaine où personne ne vivrait la même activité et ne ferait les mêmes apprentissages. Ça me demandera beaucoup d’organisation et un suivi impeccable certes, mais je les imagine déjà, travaillant sur un projet de leur choix qui leur permettra de vivre des apprentissages et d’être évalués différemment. Je ne crois pas y arriver cette année, du moins pas au début, mais je garde l’idée en tête et je la testerai assurément en cours de route… Pour l’instant, je compte surtout miser sur une période d’une vingtaine de minutes par jour où nous bougerons tous ensemble.

 

Je suis profondément convaincue que le vaste monde de l’éducation au Québec a besoin d’un changement. Que feriez-vous si votre médecin, votre dentiste, votre comptable, etc. n’avaient pas modifié leur façon de faire depuis les quarante dernières années? Même chose pour les enseignants. Nous ne pouvons plus enseigner « comme dans le temps ». Il est nécessaire de s’adapter aux différentes réalités d’aujourd’hui…sans toutefois rejeter ce qui a été fait avant. Il faut se questionner et ne pas se contenter de reproduire l’école que nous avons connue il y a plusieurs années déjà.

 

Je m’arrête ici. J’aurais pu continuer avec toutes les autres idées apparues cet été, mais je suis encore en vacances… ou presque!

 

Bonne réflexion! Vos commentaires sont les bienvenus!

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Commentaires : 3
  • #1

    Michel (samedi, 11 avril 2015 06:12)

    Raisonner de la sorte n'est-ce pas vivre avec sa passion ?

    Je pense que oui, du moins en ce qui me concerne, pendant mes vacances loin de tout et des fois de tous, est un moment privilégié pour "m'occuper" de ma détente professionnelle, tout ce qui se passe autour de moi est une source accompagnatrice ...

    Je suis d'accord qu'il n'est pas nécessaire de tout chambouler et d'ignorer les bienfaits du passé, mais aussi éviter le piège aujourd'hui, celui d'abandonner notre discernement et nos réflexions en pédagogie de l'éducation aux manufacturiers des nouvelles technologies: s'adapter aux produits, en leur trouvant des valeurs éducatives, alors que le contraire serait souhaité et voulu!
    Si nous pensons, avec raison, que l'éducation au Québec a besoin d'une revue profonde, il ne faudra pas oublier de s'assurer qu'à la table des preneurs de décisions élèves et parents soient bien présents! Cela suffit de donner un rôle consultatif aux vrais bénéficiaires de l'éducation... (Le sujet est trop long... mais tarde à être publiciser au grand jour, nous en voyons les tristes conséquences aujourd'hui!)

  • #2

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