Vous trouverez, à l'intérieur de cette section, nos réflexions sur divers sujets. Amusez-vous à les lire et à les commenter! 


La lecture: ce que nous en pensons en bref

Le secret: la modélisation

Si vous avez lu la section sur l'écriture, vous avez compris que nous priorisons la modélisation avant tout. En lecture aussi.

 

Nous lisons souvent à nos élèves à voix haute des romans (que nous possédons en 25 exemplaires) ou des albums (adaptés pour le 3e cycle) ou des textes intéressants que nous projetons via le canon. Pendant la lecture, nous leur expliquons les stratégies que nous employons. En entendant un bon lecteur se poser des questions et faire des prédictions, ils en viennent à comprendre ce qu'ils devraient mettre en pratique alors qu'ils lisent seuls à leur place.  

 

 Les stratégies

Après discussions auprès de nos conseillères pédagogiques l'an dernier, nous avons réalisé que plusieurs enseignants (surtout au 3e cycle) se questionnent beaucoup par rapport aux stratégies à enseigner. C'est à travers cette discussion que nous avons découvert: "l'enseignement réciproque". Un document de référence édité par Chenelière Éducation existe à ce sujet et devient très utile en classe.

L'enseignement réciproque est une méthode d'enseignement de quatre stratégies principales (pas exclusives) en lecture: se questionner, clarifier, prédire et résumer. En abordant simultanément, ou non, ces stratégies et en les modélisant en classe, les élèves en viennent à être beaucoup plus efficaces en lecture. Nous appliquons cette pratique dans nos classes pour la première fois cette année et nous voyons déjà une différence.

 

http://www.cheneliere.ca/6323-livre-l-enseignement-reciproque.html

Lire, encore et encore

Toutes les récentes recherches sur le sujet le prouvent: la lecture est l'élément essentiel à la réussite scolaire. Nos élèves ont  besoin de lire et ils doivent le faire quotidiennement.

 

En classe, il faut favoriser une période de lecture d'au moins 30 minutes par jour. Oui, c'est beaucoup, mais c'est nécessaire. La lecture ne doit pas être un simple moment de transition lorsque tous les élèves entrent le matin et que nous manquons de temps. Dans nos classes, 30 minutes de lecture sont à l'horaire au retour de l'heure du dîner. Nous avons constaté qu'après l'heure du dîner, nos élèves avaient besoin d'un moment de détente... Nous leur offrons donc un environnement calme et détendu après chaque midi.

 

Évidemment, pour que ça fonctionne, trois éléments clés sont nécessaires.

1- Les livres doivent être abondants dans votre classe. Lorsque notre budget de classe ne nous permet pas d'aller acheter des nouveautés, nous atterissons dans les bibliothèques municipales et empruntons des ouvrages pour nos élèves.

2- De la patience est de mise. Au début, les élèves ne sont pas habitués à lire si longtemps. Il faut donc orienter leur lecture (surtout pour ceux qui n'aiment pas lire) et insister.

3- La permission de lire où ils veulent et avec qui ils veulent. Dans nos classes, les élèves ont le droit de lire à deux et même de chuchoter par rapport à ce qu'ils lisent. Ils ont aussi le droit de lire n'importe où dans la classe. Certains aiment se coucher par terre. L'important est qu'ils lisent...

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Développer l'esprit du scripteur

L'esprit du scripteur

Nous cherchons, avant toute autre chose, à développer l'esprit du scripteur chez nos élèves. Nous souhaitons que nos élèves aient envie d'écrire, qu'ils soient inspirés. Nous avons réalisé, après quelques-unes de nos nombreuses discussions, que nos élèves ne savaient pas ce que nous attendions d'eux exactement. Combien de fois se sont-ils faits dire: ajoute des détails, mets plus d'action... sans vraiment en comprendre le sens, la profondeur.

 

Nous avons donc réfléchi à ce que représentait pour nous l'acte d'écrire et nous en avons conclu que nous n'exigions pas "la bonne affaire" chez nos élèves. Nous avons ainsi décidé que nous allions leur montrer ce à quoi nous nous attendions... Comment? Via des séquences vidéo...

Modéliser via des séquences vidéos

La génération actuelle aime la techno. Elle aime la télévision, les films, les jeux vidéo, etc. C'est pourquoi nous avons choisi ce médium afin de capter son attention et de lui montrer ce à quoi nous nous attendons en écriture.

 

Lorsque nous enseignons le récit, nous travaillons inévitablement l'introduction, les péripéties, le dénouement ainsi que la situation finale. Avant de mettre nos élèves en pratique, nous leur présentons une séquence vidéo (des projets clés en main comprenant les détails de nos séances d'écriture seront disponibles prochainement dans la section "projets clé en main".) afin de mettre en image ce que nous attendons d'eux. Ainsi, après avoir visionné l'extrait, nous écrivons, en collectif une péripétie (par exemple) à partir de ce que nous venons de voir. Ensuite, ils sont prêts à travailler et à intégrer ce qu'ils viennent de voir.  

Modéliser via de l'art dramatique

Lorsque nous n'avons pas de séquences vidéo à présenter, nous utilisons nos élèves afin qu'ils miment une scène. Puisque nous nous permettons de pousser les limites à l'extrême (ils ont transpercé Mme Karine l'an dernier d'une épée), ils apprécient énormément cette façon de faire. Ensuite, toujours dans l'objectif de modéliser, nous écrivons collectivement ce que nous venons de mimer ou de jouer.

Sujet libre ou imposé?

Nous optons, la plupart du temps, pour des sujets libres. Toutefois, en début d'année, alors que nous en sommes au début de la modélisation, nous  imposons souvent à nos élèves un cadre précis. Par exemple, si nous travaillons l'introduction d'un récit, nous exigerons d'eux une introduction de récit en guise de production.

 

Une tentative se vit actuellement dans l'une de nos classes où aucun sujet ni type de texte n'est exigé. Les élèves travaillent par "ateliers d'écriture libres". Personne, dans le groupe, n'est rendu au même stade d'écriture. Cette méthode a fait ses preuves ailleurs, mais c'est une première pour nous. Actuellement, ce que nous en retirons, c'est la grande grande grande motivation des élèves à écrire. Certains écrivent seuls, d'autres en équipe, certains écrivent un récit, d'autres un mini-roman... seule leur imagination les limite. C'est à suivre...

Ce qu'il faut retenir

Nos élèves ont besoin de voir ce que nous attendons d'eux. Nous avons souvent l'impression qu'ils devraient le savoir, mais c'est rarement le cas. Ils ont besoin de modélisation encore et encore. Oui, c'est long. Mais c'est tellement payant...

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Conception d'un cours de math en ligne 

Un nouvel article de blogue en plein mois de juin? Non, jamais:) 

 

Je prends simplement quelques minutes pour vous annoncer que vous pouvez dès maintenant commander un cours de math 5e ou 6e (deux cours différents ont été créés) sur ChallengeU que Le Miroir Pédagogique a mis sur pied. 

Les cours sont directement liés à la pda et couvrent l'ensemble de la matière à aborder au 3e cycle. Chaque séquence inclus une capsule vidéo de Mme Karine (@karineriley) ainsi que des exercices en ligne se rattachant directement à la notion. Plusieurs exercices sont de type "autocorrecteur" pour faciliter la vie des enseignants alors que d'autres sont "à développement" afin que l'élève fasse la démonstration de sa compréhension. 

 

N'hésitez pas à m'écrire pour obtenir des informations supplémentaires. 

Pour demander une soumission, on s'adresse à ChallengeU ici



Et si on pensait aux garçons..

Les vacances achèvent et j'avais envie d'écrire sur un sujet qui me tient à coeur. Libre à vous d'être en accord ou pas!

 

J’ai toujours dit à mes élèves, ainsi qu’à mes proches, que de prendre du temps pour soi (ou encore des vacances) était tout à fait bénéfique pour la santé (mentale et physique). Au fil des années, je me suis même rendue compte que c’était au cours de ces pauses que mon cerveau devenait le plus créatif. « Tu es en vacances, me disent plusieurs. Comment se fait-il que tu continues à avoir des idées de projets? ». Prendre du temps pour ne rien faire, laisse beaucoup de place à l’émergence d’idées. Ainsi, lorsque je fais le vide de l’année scolaire vécue et que je prends du temps seule, en famille ou avec des amis, plusieurs idées géniales se forment alors dans mon esprit. Ce sont souvent de « grandes idées » comme je les appelle. Habituellement, ce n’est pas l’idée d’un nouvel exerciseur ou d’une nouvelle activité qui se pointe, mais plutôt une idée à caractère pédagogique. C’est d’ailleurs, la plupart du temps, une pensée qui m’obligera à modifier complètement (ou presque) ma façon d’enseigner.

 

À la fin des classes, alors que je n’arrive pas à décrocher complètement, je me permets de lire un ouvrage à nature pédagogique. L’an dernier, j’avais lu «l’enseignement réciproque » ainsi que d’autres documents en lien avec la lecture en classe. Cette année, j’ai plutôt choisi un livre d’Égide Royer (psychologue et professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval) qui s’intitule : Leçons d’éléphants. Pour la réussite des garçons à l’école. Je l’ai tout simplement dé-vo-ré! Je le relirai d’ailleurs en septembre. Cet ouvrage fait référence, comme son titre l’indique, aux nombreuses difficultés que vivent les garçons à l’école. Je dois avouer que j’étais au courant de cette situation et que je tentais déjà, au quotidien dans ma classe, d’y remédier. (Merci d’ailleurs à mon collègue Éric Tremblay d’être un modèle et un guide pour moi à cet égard.) Toutefois, cette lecture m’a fait réfléchir et a laissé place à bien des discussions avec des gens de mon entourage, principalement des hommes, qui ont connu des difficultés d’adaptation au cours de leur parcours scolaire.

 

Les prochaines lignes risquent d’ébranler certaines personnes… Sachez que personne n’est particulièrement visé (qui suis-je pour juger?) mais que je m’adresse plutôt au système d’éducation inadéquat dans lequel nous baignons. Personne n’est visé, mais tout le monde l’est en même temps, moi y compris. Vous êtes-vous déjà demandé si votre classe, vos travaux et vos projets étaient réellement adaptés aux besoins des garçons? Nous avons souvent tendance à décider nous-mêmes des projets et des sujets de ces derniers, avant même de connaître l’identité des garçons qui entreront entre nos murs de classe. Combien de livres de votre bibliothèque de classe s’adressent particulièrement aux garçons? Que faites-vous lorsque vous vous rendez compte que des garçons trainent de la patte en lecture? Nous savons tous qu’un retard en lecture mène à plusieurs catastrophes pédagogiques… Combien de minutes par jour permettez-vous à vos garçons de bouger? Combien de « coins/ateliers » mettez-vous en place entre vos murs de classe qui s’adressent particulièrement aux garçons? Que fait votre école, votre direction lorsqu’un garçon dérape? Suspension? Interne ou externe? Trop souvent, les suspensions ne sont pas éducatives et ne visent pas le travail d’habiletés sociales. À quel point votre établissement scolaire met-il l’accent sur la prévention? Bien souvent, répondre à ces questions permet de comprendre pourquoi ça va mal dans certaines classes, avec certains élèves. C’est exactement ce que m’a fait comprendre la lecture du livre d’Égide Royer.

 

Ou est le lien avec les idées qui émergent en vacances? Après avoir lu ce livre, je suis partie en voyage… la tête vide. Un matin, une évidence est apparue : je pense beaucoup à mes garçons lorsque j’enseigne et je crois que je m’en sors plutôt bien. Par contre, je pourrais faire plus encore. J’aimerais axer davantage sur les intérêts de mes garçons (et de mes filles aussi) pour enseigner par projets. Ainsi, il serait possible que certains travaillent à démonter des appareils électroniques pour préparer un exposé oral, alors que d’autres seraient en train de créer une maquette et travailleraient plutôt sur l’aire et le périmètre. Il y aurait ainsi des moments de la semaine où personne ne vivrait la même activité et ne ferait les mêmes apprentissages. Ça me demandera beaucoup d’organisation et un suivi impeccable certes, mais je les imagine déjà, travaillant sur un projet de leur choix qui leur permettra de vivre des apprentissages et d’être évalués différemment. Je ne crois pas y arriver cette année, du moins pas au début, mais je garde l’idée en tête et je la testerai assurément en cours de route… Pour l’instant, je compte surtout miser sur une période d’une vingtaine de minutes par jour où nous bougerons tous ensemble.

 

Je suis profondément convaincue que le vaste monde de l’éducation au Québec a besoin d’un changement. Que feriez-vous si votre médecin, votre dentiste, votre comptable, etc. n’avaient pas modifié leur façon de faire depuis les quarante dernières années? Même chose pour les enseignants. Nous ne pouvons plus enseigner « comme dans le temps ». Il est nécessaire de s’adapter aux différentes réalités d’aujourd’hui…sans toutefois rejeter ce qui a été fait avant. Il faut se questionner et ne pas se contenter de reproduire l’école que nous avons connue il y a plusieurs années déjà.

 

Je m’arrête ici. J’aurais pu continuer avec toutes les autres idées apparues cet été, mais je suis encore en vacances… ou presque!

 

Bonne réflexion! Vos commentaires sont les bienvenus!

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En vacances!

Nous serons en vacances jusqu'à la mi-août! Au plaisir de vous retrouver pour une rentrée inversée! 
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